Tarbes s'enorgueillit à juste titre de posséder un jardin exceptionnel, il le doit à un mécène mais aussi un botaniste hors pair: Placide Massey, ce lieu est le vrai poumon de la ville dont l'essor industriel fut stoppé par la crise industrielle, mais cette cité a prouvé qu'elle avait de la ressource, elle a rebondi en s'appuyant en particulier sur sa positon privilégiée,plaque tournante du tourisme pyrénéen elle s'investit de plus en plus dans l'accueil et l'animation touristiques, elle possède donc un joyau que nous apprécions lors des journées estivales, mais aussi en toute saison,le printemps est un concerto de ramages, l'été un refuge de fraîcheur, l'automne une symphonie colorée et l'hiver, lorsque la neige est de la partie, une féérie.
Donc en toute saison il fait bon se promener sous les frondaisons alors que, tout autour de cet ilot, le flot d' automobilistes se bouscule!chaos de la civilisation en mouvement...
une parcelle de cet havre de paix...
étang paisible où se mirent plusieurs dizaines d'essences rares, oasis de fraîcheur simplement troublée par les cris de protestation des canards qui réclament leur dû aux visiteurs, alors que grèbes ou autre bernaches glissent sur ce miroir glauque avec une feinte indifférence, pied de nez à la curiosité des chalands!
L'automne, ses parures émeraude, or et ocre étouffées par le clair obscur, laissent entrevoir le mystère de buissons propices à une brève halte, une pause dans la promenade , à l'enchantement d'un embrasement furtif, les langueurs monotones sont ici obsédantes...
les pelouses, outre les parterres richement parés, sont le refuge de fleurs vivantes aux mille chatoiement, le paon vaniteux étale la richesse de sa parure avec ostentation,
pour une fois il a daigné "plier" sa roue et arbore sa traine chatoyante, Julien en demeure pantois
Une menue silhouette surgit au hasard des allées , persistance ténue de la nostalge présente en ces lieux de mémoire, mon fils aîné, féru d' animaux de la ferme auprès desquels il a grandi, poursuit cet oiseau de paradis sur les pelouses, pas de gardien à l'horizon nous en avions profité pour faire quelques photos qu'il faudra bien exhumer un jour!
le cadet, plus discret , demaure admiratif devant la nage silencieuse des carpes et autres ides des ondes, un ange passe...
le jardin s'est depuis cette époque doté d'une aire de jeux qui rassemble aux beaux jours une petite colonie d'enfants couvés par leur parents
une escale toujours goûtée sans modération tant sont vivifiants les piaillements de cette volière enfantine!
Petit détour par le cloître, monument incongru sur cette pelouse, car nulle chapelle à l'horizon pour le justifier! l'opuscule nous apprend qu'en 1890 la municipalité a racheté cet ensemble en passe d'être vendu à l'étranger! Difficultés de trésorerie de l'abbaye de Saint-Sever de Rustan? sauvetage du patrimoine? l'honneur est sauf je craignais que ce ne fut du pillage à une époque où certains magnats américains reconstruisent chez eux de toute pierre des châteaux écossais!
La visite du jardin de onze hectares se fait parfois aux sons des grelots romantiques d'une calèche, tout le monde semble goûter ce mode de locomotion écologique!
le musée pyrénéen est en restauration, la saison est favorable à ce type de travaux,
une petite visite s'impose lors de sa remise en service,rassurez- vous, il sera prêt pour la belle saison...
Une serre jouxte le musée, emplacement réservé initialement au jardin d'hiver, ce projet fut abandonné pour créer cette immense verrière abritant une multitude de plantes tant endémiques qu'exotiques,
Jean-Jacques Latour acheva l'ouvrage du maître...
La brève promenade s'achève, j'espère quelle vous aura donné envie de vous perdre dans ces allées pleines de charme et de sérénité.